Groupes de parole

Qu’est-ce qu’un groupe de parole?

  • C’est la possibilité de s’exprimer avec d’autres personnes sur un thème donné en toute confidentialité.
  • C’est un lieu où l’on est compris, accepté, reconnu et respecté.
  • C’est l’occasion de rencontrer d’autres personnes qui vivent le même problème.
  • C’est un espace de communication où l’on choisi d’écouter et de partager.

Dans quel but est constitué le groupe de parole?

  • Réduire l’isolement et permettre à l’individu de devenir acteur de la cause s’il le désire.
  • Libérer la parole.
  • Témoigner des conséquences des agressions sexuelles (inceste ou pédocriminalité) sur la vie à court, moyen et long terme.

Comment cela se passe-t-il?

Le Monde à Travers un Regard a pour vocation de créer et d’animer des groupes de parole autogérés et non thérapeutiques pour les survivants de l’inceste et de pédocriminalité et leurs proches.

Les groupes accueillent maximum 15 personnes.

Après un temps d’accueil, le groupe de parole est centré sur un thème lié à l’inceste et à la pédocriminalité et préalablement choisi par les membres.

A tour de rôle, chacun parle, dit ce qu’il ressent, témoigne de son vécu mais est aussi libre de ne pas s’exprimer. Chacun écoute et peut ensuite réagir à ce qui a été dit, mais sans émettre de jugement moral ni se muer en donneur de conseils car il est d’usage de respecter les règles de base d’une bonne communication :

  • Parler de soi en se servant du « je »;
  • Éviter d’interrompre la personne qui parle;
  • Éviter de juger et de donner des conseils;
  • Respecter la confidentialité de ce qui se dit (ça reste à l’intérieur du groupe);
  • Parler de nos sentiments, ne pas raconter juste des faits;
  • Respecter le rythme de chacun.

Au cours du groupe, animé par un modérateur assisté d’un second bénévole formés par l’association, toutes les personnes présentes peuvent s’exprimer sur le thème, apporter leur témoignage, leurs réflexions ou simplement écouter pour mieux comprendre. Il n’y a pas de leader, de gourou ou de thérapeute. Les groupes sont autogérés, Un groupe de parole n’est donc pas un groupe de thérapie et il ne s’agit pas, pour l’animateur de  » jouer au thérapeute « .

Ainsi, en partageant ses angoisses et ses doutes avec des personnes qui vivent les mêmes problème, chacun peut repartir plus « léger », et moins seul.

La réunion a lieu généralement le samedi après-midi. Elle dure deux heures avec une pause. Ceux qui le souhaitent peuvent rester après pour faire connaissance autour d’un pot offert par l’association.

Nos groupes fonctionnent également sur le même principe que les Alcooliques Anonymes. Ces groupes ont une efficacité reconnue dans le soutien et l’aide qu’ils peuvent apporter aux personnes isolées et souffrant d’une problématique commune, ils sont complémentaires à une thérapie.

Les témoignages de nos groupes sont enregistrés à l’aide d’un dictaphone de manière anonyme et serviront à la rédaction de livrets thématiques. Les participant-es ne souhaitant pas contribuer à cette action ont juste à le signifier.

Les conditions d’admission

  • Être victime, proche de victime ou professionnel concerné.
  • Être âgé de 18 ans minimum.
  • La première participation est gratuite, nous demandons d’adhérer à l’association si vous désirez venir aux groupes suivants.

Le groupe de parole est un outil de compréhension, de prise de recul par rapport au traumatisme.

Le groupe de parole est l’endroit où nous partageons nos expériences, notre force et nos espoirs.

Lors de votre inscription, merci de bien vouloir préciser :

  • votre nom
  • votre prénom
  • un numéro de téléphone ou vous joindre/ votre ville.
  • votre adresse mail
  • votre motivation pour participer au groupe (victime, proche de victime…)
  • A quel thème vous souhaitez vous inscrire.

Pourquoi des groupes de parole autogérés ?

L’inceste et la pédocriminalité génèrent un grand nombre d’idées reçues dans la population, y compris chez les victimes qui peuvent mettre des années parfois avant de réaliser les choses. Pour le grand public, l’inceste est entouré de mythes, car il est méconnu et peu étudié. C’est un tabou, et par définition, on n’en parle pas. Ce silence et cette ignorance profitent aux agresseurs qui agressent sexuellement des enfants, la plupart du temps en toute impunité. Les victimes elles-mêmes, peu informées, sont désemparées et extrêmement isolées face à ce fléau de santé publique. Elles ne comprennent pas ce qui leur arrive, se sentent coupables, honteuses et en souffrent des années durant dans la plus grande solitude.

Sur un thème prédéfini, une quinzaine de survivants de l’inceste ou de proches de survivants sont réunis par l’association. Le groupe va traiter chaque thème en répondant à des questions précises inscrites sur un tableau.
Chaque personne s’exprime pendant un temps limité, de 3 à 5 minutes. Cet exercice est particulièrement difficile, car il faut, en un laps de temps très court, réunir et exprimer le plus d’informations possible pour répondre aux questions.
Les interventions se déroulent en deux parties de une heure chacune. Les partages sont enregistrés sur un magnétophone numérique. Ils sont retranscrits plus tard mot à mot, et servent de base pour rédiger des livrets d’information ou des livres.
Bien entendu, tous ces témoignages sont anonymes, les prénoms étant changés s’il y a lieu. Les rédacteurs participent au groupe de parole et témoignent eux-mêmes. Ils sont ainsi au cœur du sujet.
Leur travail consiste à lire et analyser les témoignages afin de structurer l’information en fonction du thème traité. Toutefois, la trame et la rédaction du livre doivent toujours répondre à trois objectifs : être concret, illustrer les constatations par des exemples vécus, rédiger dans un style simple. Le livre est conçu comme un outil qui doit être utile et gratuit. L’esprit est de constater le vécu des victimes et de leurs proches en s’abstenant de théoriser. Une fois rédigé, le livre est soumis à un comité de lecture composé de survivants, de proches de survivants, de professionnels et de personnes du grand public.

 

 

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7 réflexions au sujet de « Groupes de parole »

  1. Bonjour,
    J’aimerais savoir pourquoi je ne peux plus me connecter ? je voulais faire un virement et voir aussi le thème pour le groupe de aujourd’hui et impossible!
    Je n’ai pas changer de mot de passe et d’adresse mail.
    Bonne journée.
    Madame dromas.

    • Bonjour chère Mme Dromas,

      Concernant le nouveau site de MTR, il n’y a plus besoin de se connecter, ni de mot de passe, il suffit de poster un commentaire comme vous venez de le faire.

      Les dates et thèmes des groupes de parole figurent dans la rubrique « agenda » dans le menu du haut.

      Bien à vous.

  2. Bonjour, Sandrine.
    Merci pour votre mail :))
    Bon courage à vous et merci pour votre combat de nous représenter .nous victimes
    Madame Dromas.

  3. Tout d’abord je tiens à féliciter Sandrine pour son courage et sa ténacité dans ses nombreuses actions.

    En tant qu’ancienne victime, je suis la fondatrice de l’association « Protégeons nos enfants » dont la présidence a été reprise en juin dernier par Maître Christelle Daudin avocate.

    Il y a quelques temps, Sandrine m’avait invitée à participer à l’un des groupes de paroles, organisé à Versailles, pour en connaître le déroulement.

    J’ai été à la fois émue et impressionnée par la simplicité des personnes qui s’exprimaient avec beaucoup d’émotion mais aussi une grande simplicité et liberté d’expression. Les « mots » prononcés semblaient libérer « les maux » toujours présents et restés trop longtemps enfouis au plus profond de leur corps et de leur âme. Pour ma part, il m’aura fallu plus de quarante ans pour les exprimer vraiment, sans honte ni a priori, sans crainte surtout de blesser certains membres de ma famille toujours vivants.

    Merci Sandrine pour ce très beau travail que tu fais et l’aide que tu apportes ainsi à toutes les victimes qui sans toi et tous ceux qui oeuvrent comme toi, resteraient et vivraient dans l’ombre de leur souffrance.
    Catherine

  4. Merci aux bénévoles de l’association Le Monde à Travers un Autre Regard de permettre aux victimes d’affirmer le sens de leur existence malgré les violences qu’elles ont subi et qui visaient à les priver d’avenir.

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