Mes deux parents sont médecins

Je suis une marocaine de 28 ans. Mes deux parents sont médecins.
J’ai été violée par mon père à l’âge de 6 ans. Il a convaincu ma mère ainsi que toute la famille que c’était de ma faute. Il m’a dit que je devais prendre des médicaments. Il m’a obligée durant toute mon enfance à prendre des médicaments. J’étais constamment fatiguée, avec la tête vide. Malgré tout, j’ai pu faire des études supérieures. Mon diplôme obtenu, mon père m’a internée en psychiatrie et m’a menacée pour que je ne parle pas. aujourd’hui ma famille veut de nouveau me faire interner. 
Pourrais-je m’en sortir, sachant que mes deux parents sont médecins et qu’ils ont le soutient de toute la famille? Ajoutons à cela le contexte socio-culturel marocain…

Pour moi c’était impensable, ce n’était pas du tout incroyable

Je suis aussi mère de 2 fils qui ont été agressés dans des situations qui étaient différentes parce qu’au moment des révélations, quand ils avaient 28 et 24 ans, j’ai donc découvert ça une nuit et il y en avait un, on s’est renseigné presque tout de suite, l’aîné était prescrit et le cadet n’était pas prescrit mais pas prêt à porter plainte et mon fils aîné m’a expliqué qu’il savait que j’étais au courant, qu’il en était sûr parce que j’étais dans la pièce à côté quand il l’avait dit à son père.

Le problème c’est que j’étais dans la pièce à côté mais à l’étage du dessous entrain de faire la cuisine pour 15 personnes et mon mari ne m’en a jamais parlé, il ne s’est jamais une fois brusquement retourné vers moi en me disant « mais tu te rends compte ce qu’il a fait mon frère ?! » par contre il a dit à son fils « tu n’auras qu’à te débrouiller s’il recommence… »

L’année d’après, j’ai retrouvé l’oncle entrain de masser mon fils sur les épaules, ils étaient tous les deux habillés mais mon fils visiblement pleurait, ça ne lui plaisait pas du tout, j’ai pris le frère de mon mari et je l’ai foutu dehors… alors au moment des révélations, mon fils m’a dit « tu le savais ! », je lui ai dit « non ! », il me dit « papa m’a aidé mais pas toi » une thérapeute m’a dit « vous êtes une mère abandonnique, ça fait 20 ans que ça s’est produit, vous ne lui avez rien dit, c’est normal qu’il vous en veuille » ce qui veut dire que je serais classée dans les « complice silencieux et passif » ce qui me fait quand même beaucoup de mal. Au moment des révélations mon fils cadet m’a dit « tu sais maman, c’est normal que tu n’aies rien su, j’ai tout fait pour que tu ne le saches pas », or, au moment où mon fils m’en a parlé pour la première fois, je lui ai dit « je vais aller parler à ton oncle dès demain » et c’est lui qui m’en a empêchée. Mon fils aîné est sorti du déni à 36 ans, l’été dernier, et il y a peu de temps encore il est venu me voir en me disant « maman, je veux te faire avouer que tu savais », il m’a dit « tu savais bien que s’il me massait c’était sexuel ! » et je lui ai dit « à l’époque non ! Maintenant peut-être oui, mais à l’époque non !», il me dit « en tout cas ce que je veux que tu me dise c’est que tu n’as rien fait après », « effectivement, je n’ai pas tiré de conclusion », alors il m’a dit « maman, ça m’a apaisé ce que tu me dis là» mais moi, j’en ai encore plus les boules !

Je ne peux pas pardonner à un agresseur qui me fausse ma relation avec mon fils à ce point là, avec mon fils aîné, j’ai réussi à rétablir une relation excellente avec mon fils cadet, ok, mais quand je sais que l’agresseur encore la semaine dernière disait encore « oui, pour ce qui est prescrit j’ai fait « ça » mais non pour ce qui n’est pas prescrit » comment voulez-vous que je lui pardonne ? Il a faussé mon couple parce que je me suis même boxée avec mon mari pour ce qu’il n’a pas fait, il a faussé mes relations avec mes enfants, il m’a démolie moi aussi : ça m’est quand même arrivé de me mettre à boire la nuit, etc. parce que je ne voyais pas comment on pouvait s’en sortir, j’étais complètement impuissante. Il avait quand même un entourage silencieux, complice et passif : sa femme et ses 3 gosses. Récemment, mon fils m’a dit « mais enfin, ce n’est pas leur faute aux enfants, ce sont des victimes eux aussi », je lui ai dit « mais attends, ils ont reconnu devant ton père et devant la police ils ont menti, est ce qu’on peut leur pardonner ? Non, on ne peut pas pardonner. » Et c’est vrai que c’est une force parce que la haine ça oui, j’en ai encore, ce n’est pas digéré. Je suis quand même assez fière de ce que j’ai fait pour mon fils cadet, il voulait abandonner son procès, je lui ai quand même trouvé 2 avocats, j’ai fait tout ce qu’il fallait et il a réussi c’est quand même aussi parce que j’ai aussi réussi à ce que mon mari se porte partie civile, le fait que les parents se portent partie civile au côté d’un enfant adulte ça a beaucoup impressionné le juge d’instruction, j’estime que s’il a gagné son procès c’est assez grâce à moi et j’en suis fière, de ce côté-là est ce qu’on peut dire que ça m’aide à me pardonner ? Oui, peut-être.

Pour moi c’était impensable mais ce n’était pas du tout incroyable parce que dès que dès qu’ils m’en ont parlé j’ai immédiatement compris et j’ai fait 4 pages au juge d’instruction sur tous les symptômes que j’avais vu en me creusant la tête pendant des années, toutes les nuits, pour savoir pourquoi. C’était de l’impensable pour moi effectivement mais pas de l’incroyable. Je veux ajouter que j’avais emmené mes fils chez des médecins, chez des psychologues, mon fils aîné a eu plus d’un an de thérapie quand il avait 9 ans et que jamais, jamais, jamais aucun professionnel nous a dit ce qu’il pouvait s’être passé, ni même posé une question, jamais.

Témoignage extrait du groupe de parole de l’association Le Monde à Travers un Regard « le pardon »

Etre victime, anorexique et maman

J’ai très tôt eu le désir d’avoir des enfants. Avoir un petit être que je pourrais aimer, et un petit être qui m’aimerais juste parce que je suis sa maman. J’ai rencontré mon mari en 2000, nous nous sommes mis en ménage très vite. Nous avons désiré des enfants très vite. Six mois après notre rencontre, nous décidions que j’arrête la pilule. Mais l’attente à été longue. Bien avant que j’arrête la pilule je présentait ma crainte à mon mari. Je pressentais que le fruit de notre amour ne viendrais pas aussi facilement que les autres couples de notre entourage. Au bout d’un an, nous avons commencer à nous inquiéter. Nous avons consulté, nous avons entrepris des traitements multiples…..

La grossesse je crois c’est bien passé. Je n’ai pas eu de crainte spécial. Je n’ai pas eu le temps de craindre….Le bébé ne grandissait pas bien dans mon ventre, j’avais attrapé un virus, et ce virus était au centre de ma grossesse. Enceinte je suis heureuse, je me sens bien, je ne pense a rien d’autre qu’a ce bébé qui pousse en moi. Je ne vis pas que pour moi, mais je vis pour deux. Et ma première fille arriva en 2004. Sa naissance a bouleversé ma vie. Comme beaucoup de mamans je présume, mais moi c’était autre chose. Des craintes extrêmes me sont apparus. J’étais encore dans le déni, je ne compris pas vraiment se qu’il se passait en moi. Mes troubles touchaient seulement l’approche des autres envers mon bébé. Je refusais catégoriquement que qui que ce soit touche mon bébé. Je refusais qu’on la prenne dans les bras. Juste moi et mon mari après grande négociation. Je ne lâchais plus ce jolie bébé que j’aimais tant. Je ressentais une douleur à chaque fois que quelqu’un prenais mon enfant dans les bras. Je souffrais tellement qu’un mois après on décide de déménager. Nous vivions à Toulouse, et nous sommes repartie en régions parisienne. J’avais besoin de m’isoler loin de la famille de mon mari qui était à mon goût beaucoup trop étouffante et me rapprocher de ma mère.

J’ai allaitée ma fille pendant un an. La petite à dormit avec nous dés son premier jour. J’avais besoin de la sentir prés de moi, je n’étais rassurée que si elle était auprès de moi. J’ai créer avec ma fille une relation très fusionnelle, beaucoup trop. Mais j’avais besoin de cette relation. Je croyais la protéger mais je savais pas de quoi je voulais la protéger. J’ai aussi rencontré un autre problème. Je confond l’autorité et l’abus d’autorité. Ce qui n’est pas un mince souci dans l’éducation d’un enfant. Je ne supportais pas de la frustrer. De nombreuses disputes avec mon mari sur ce sujet, ma fait deviner que quelque chose ne collais pas .

Je suis sorti du déni dans la deuxième année de  ma fille. Cela à été un moment de sa vie qui je pense à été la pire autant pour elle que pour nous. J’ai fait de nombreuses tentatives de suicide dont une qui m’a valu trois semaines d’hospitalisations. Aujourd’hui elle a 5ans et dors toujours avec nous. J’ai toujours été et je suis toujours son doudou vivant. Elle est en thérapie depuis deux ans. C’est une petite fille intelligente, qui a la parole facile. Suite à mon problème d’autorité elle avait de grave troubles du comportement. On ne savait plus qui était la mère et qui était l’enfant. Ma fille prenais mon rôle en voulant me protéger de toutes mes souffrances. Je disais toujours que je ne métrais jamais ma fille à l’école, heureusement ma thérapie m’a fait avancer la dessus aussi . Les deux première années de sa scolarité à été une catastrophe, elle refusait d’aller à l’école , elle ne s’imaginait pas me laisser seule et moi croyant que la meilleur chose était de la garder avec moi. Cette année l’école c’est passé comme nous le rêvions. Que du bonheur. Tous ça est derrière nous. Le seul bémol actuellement avec ma petite puce c’est qu’elle dort toujours avec moi. Elle a toujours de grosses angoisses de séparation, mais elle avance en même temps que moi j’avance.

Pour ma deuxième fille c’est moi qui la voulais plus que tout. En revenant de mon hospitalisation, après ce choc terrible, j’eus besoin de tomber enceinte, nous avons donc fait une insémination, même si le papa n’était pas très pour cette grossesse. Il pensait que c’était bien trop tôt. Mais moi je le voulais plus que tout. L’insémination à mon grand bonheur à fonctionner dés le premier coup. Je suis tombé enceinte avec mes 44 kg . J’ai vécu ma grossesse comme la première, à me concentrer seulement sur ce petit bou qui poussais en moi. Je savais que j’allais encore avoir une fille, je le pressentais. Pour cette grossesse, l’anorexie était bien présente, je n’ai pris que 4kg. Au fil de ma grossesse j’avançais avec ma thérapie pour ne pas créer une deuxième relation trop fusionnelle. Pour la grossesse j’avais arrêter tout traitement et la cigarette. Je n’avais qu’un tout petit anxiolytique en cas de grosse crise d’angoisse. Ma deuxième fille est née en décembre 2006. Un vrai bonheur que je ne saurais expliqué. Je n’ai pas pu allaiter cette petite puce qui à été très malade à huit jours et qui c’est fait hospitalisé deux semaines. Lors de son hospitalisation, je suis rester à son chevet 24h sur 24. Je refusais de sortir et de la laisser seule au mains de n’importe qui. J’ai très mal vécu de ne pas pouvoir allaiter ce bébé. C’était mon rôle de maman et je culpabilisais beaucoup. Ma deuxième fille a dormis tout de suite dans son lit. Jusqu’à ces dix huit mois ça se passait très bien. Mais un jour, à la fête des mères de 2008 ma grande décide de me faire un beau cadeau et réussi a dormir seule dans son lit. J’étais super fière même si moi je le vivais mal. Les filles donc dormaient dans la même chambre. La plus petite supportais mal « l’intrusion de sa sœur » dans la chambre. Elle nous fi un mois de nuit blanche jusqu’à ce que je craque et que je la prenne à son tour dans notre lit. Mais la grande n’avais pas dit son dernier mot et voyant sa sœur dormir avec nous, nous avons fini à quatre dans le lit. Actuellement les filles dorment toujours avec nous. Bien sur je sais que ce n’est pas une solution et je souhaite de tout mon cœur que chacun d’entre nous trouve sa place.

Être Maman après l’inceste n’est pas une mince affaire. C’est difficile d’éduquer un enfant quand moi même je n’ai pas eu d’enfance. Je ne veux que leur bonheur, ça c’est une chose. Mais ce que j’ai appris c’est que le bonheur n’est pas en leur faisant que plaisir. Ils ont besoins de limites, mais les limites me font peur. Et surtout mes limites sont perturbés. Dans mon enfance les limites n’étaient pas mise à bon escient. Je suis prise de beaucoup de culpabilité dans ce parcourt de maman. J’ai une thérapie qui m’aide à poser des limites, les bonnes limites où il faut. Je suis prise d’angoisse au moindre bonhomme qui rôde autour de l’école, de peur qu’on m’enlève ma fille. Je suis en permanence obliger de prendre sur moi pour pouvoir sortir mes enfants, que ce soit dans le parc en bas de chez moi, ou que je doive prendre les transport en communs.

Aujourd’hui nous voulons un troisième enfant, ça fait un an que nous faisons des traitements. Déjà trois inséminations à ce jour sans succès. La dernière à fonctionner mais malheureusement, le bébé n’a pas tenu. Je ne pèse que 41 kg, j’ai beaucoup de trouble, des trouble de l’humeur et de comportement. Mais j’apprends petit à petit a vivre avec , en fonction de ma famille. Mes enfants sont ma force ! Que serais je sans leur amour? Sans ces petits êtres que j’aime de tout mon cœur ? Ce que je sais c’est que leur existence m’a fait prendre conscience de beaucoup de chose et que grâce à cela j’avance à grand pas.

Affaire classée !

Mes deux filles ont été agressées pour la première fois au printemps 2009 par leur grand-père paternel alors qu’elles étaient âgées de 2 ans et demi et 4 ans.

Elles étaient exceptionnellement pour 3 jours chez les grands parents. Leur grand-mère les a laissées seules dans le bain sous la garde du grand-père car elle voulait aller cuisiner. D’après la plus grande, voilà comment ça s’est passé :

 » Papi voulait nous faire rire il nous disait, ma petite pomme, ma chéri, il jouait et il a sorti son zizi. Il n’arrêtait pas de toucher son zizi et d’un coup il nous a fait pipi dessus. Mamie est arrivée et l’a vu. »

Elle a dit « tu ne peux quand même pas faire ça à tes propres petites filles » puis elle a expliqué au petites qu’il ne fallait rien dire, qu’un vieux Monsieur avait fait ça à papi quand il était petit et que ce n’était pas sa faute s’il avait pris l’habitude de faire ça!

Ma plus grande fille m’a aussi expliqué par la suite : « Je savais que papi allait faire ça car il ne jouait pas comme les autres papis et j’avais peur! » et la petite m’a dit : « Papi il aimait bien mes fesses, il jouait à les maquiller avec un coton »  je suppose donc qu’en fait il y a un moment que ça allait crescendo.

Le grand père a récidivé. La grand-mère, même en ne disant rien, aurait au moins pu ne plus le laisser seul avec elles. Mais en Aout 2009, mon mari étant en stage et moi au travail, ils ont pris les petites en vacances une semaine dans une maison de campagne. Pour y aller, la grand mère a laissé le papi venir les chercher seul en camping car…

Dès qu’il est parti de chez nous il s’est arrêté sur une air de repos d’autoroute et a emmené les petites dans la douche. Heureusement dans notre malheur, il n’y a pas eu viol. La plus grande raconte :

 » Il a dit qu’on allait jouer. Que j’étais mamie et que je devais laver ma petite sœur. Il a encore touché son zizi alors qu’il avait promis de ne jamais recommencé. Il nous a fait pipi dessus, ça collait à nos cheveux et notre figure. Il voulait que je touche son zizi, qui tenait tout droit comme s’il y avait un bout de bois dedans mais je ne voulais pas j’avais trop peur je voyais dans ses yeux que c’était mal. Il nous a lavées à l’eau glacée et nous a fait mal en nous essuyant. Après, il nous a dit que tout était notre faute que nous avions déclenché ça que nous avions ce que nous méritions. Il était en colère, a dit : « si vous le répétez, les méchants docteurs et gendarmes vous enlèveront à vos parents et c’est mamie et moi qui prendrons leur place. » Et puis il les a menacées de faire du mal à leur maman.

C’est à moi, la mère, que les petites ont fini par parler, presque accidentellement.

En septembre 2009, la plus petite toussait beaucoup et j’ai voulu lui mettre un suppositoire. J’ai mis dessus un peu de pommade pour ne pas risquer de lui faire mal et là elle a dit : « Comme le zizi quand il se lève! » Ça a été terrible! La grande, terrorisée, est arrivée en criant : « non! ne dit rien!, on n’a pas le droit de le dire! » Elle pleurait, était très affolée. Ce jour l, elle a admis que ce que ça sœur disait était vrai mais refusait de dire qui. (La petite n’osait plus rien dire). Elle a même inventé des histoires totalement irréalistes, par exemple un inconnu à l’école alors que sa sœur n’allait pas à l’école, puis un inconnu chez la nourrice mais elles n’avaient pas eu la même nourrice. Puis elle a cité tous les hommes que nous connaissons, y compris leur père. Tous sauf 1, l’agresseur. Mais j’avais tellement confiance en mes beaux-parents que je n’ai même pas compris. Il a fallut 2 jours. Je les ai calmées, câlinées. Je leur ai expliqué que ce que cet homme avait fait était interdit par la loi. Qu’elles n’avaient rien fait de mal, qu’elles ne risquaient rien si elles parlaient. Que les hommes qui faisaient ce genre de choses recommençaient toujours. Qu’ils pouvaient faire des choses encore plus graves, voir les blesser. J’ai dit à la grande que si elle ne me disait pas qui, je ne pourrai protéger ni elle, ni sa petite sœur. Et d’un coup elle m’a regardée bien en face avec des yeux que je n’oublierai jamais et a dit comme si c’était une évidence : « Mais maman, c’est papi! » J’ai compris plus tard que pour elle, étant la maman qui savait toujours tout, il était impossible que je ne sache pas ce qui se passait.

Nous avons commencé par nous demander ou porter plainte pour être sûrs que le dossier  tombe de suite dans les meilleures mains pour être bien suivi. Nous pensions qu’il y avait surement une cellule spécialisée et pas qu’on devrait aller au commissariat du coin voir l’agent de garde. Nous avons demandé à une psy qui c’est littéralement débarrassée de nous. (Je n’ai pas le temps, au revoir tenez moi au courant.) Puis j’ai demandé à mon médecin s’il savait ou je pouvais me renseigner : réponse : « tu me prends de court, je ne sais pas, tiens moi au courant ». J’ai demandé à un autre psy mais du CMPI, il m’a dit qu’on ne lui avait jamais demandé et qu’il allait se renseigner auprès du procureur. Il nous a finalement renvoyés vers le poste de gendarmerie le plus proche.

Après le dépôt de plainte les petites ont été auditionnées. Elles ont raconté ce que leur papi leur faisait. Elles n’ont pas donné autant de détails qu’à nous car c’était très court alors qu’elles nous en parlent depuis des mois. Le gendarme en sortant nous a dit que ça s’était bien passé et que, peut être, une expertise psy ne serait pas nécessaire. Confiants, nous avons commencé à les faire suivre par un psy à l’extérieur.  C’est 9 mois après que les petites ont finalement été convoquées à une expertise psy, soit 1 an après les faits… et on leur a demandé de tout raconter à nouveau. Vous imaginez à cet âge.

Une des psy m’a dit en conclusion : « Vous savez on voit bien qu’elles disent vrai mais sans témoin et sans traces physiques, l’affaire sera surement classée ! » Nous avons été abasourdis. Je lui ai dit que je trouvais ça scandaleux et elle m’a dit : « Et alors, vous attendez quoi d’un procès ? Maintenant il faut tourner la page, vous reconstruire. »  Comme je lui ai expliqué, d’abord, cet homme est entouré d’autres enfants… ensuite si sa femme est si bien au courant, c’est qu’il n’en est pas à son coup d’essai. (D’autant que cette femme a été nourrice…). Et puis ça veut dire quoi ? Pour nos filles ça allait crescendo, si par malheur la petite n’avait pas parlé, peut être aurions nous tout découvert dans des années, après qu’il les ait violées ! Faut il attendre d’en arriver là pour que la justice agisse ?

De plus sans procès, ils gardent tous leurs droits de grand parents, si demain il m’arrive quelque chose, ou à mon mari,  je veux qu’il y ait une trace de l’affaire pour qu’ils ne puissent pas demander à les avoir…

Il n’y a jamais eu d’expertise médicale !

J’ai reçu le week end dernier un courrier du tribunal de grande instance, la psy avait raison, l’affaire est classée ! Il y a ce que les petites ont raconté avec tant de détails. On n’invente pas à cet âge. Il y a tous les détails que mon mari et moi avions remarqués à leur retour de vacances. Il y a aussi la réaction de mes beaux parents. Bref pour nous, aucun doute possible ! Nous sommes effondrés et ne savons trop que faire. C’est d’autant plus dur pour mon mari qui a de suite, sans hésiter, poursuivi ses parents et se retrouve face à sa famille avec une affaire classée. Un de ses frères lui a dit : « laissons faire la justice pour savoir qui ment ! » je suppose donc que désormais, nous sommes les menteurs.