c’était le héros de la famille

Je suis partie très tôt de la maison, je suis partie à dix-sept ans parce que je ne supportais plus cette cellule familiale , qui me faisait passer sans arrêt pour une folle, parce que tout ce que je disais c’était des mensonges, vu que je m’automutilais forcément, c’était signe que je n’étais pas bien, pas équilibrée, parfois, je ne mangeais pas, c’était pareil, dès que je faisais une colère… j’étais la folle de la famille qui dérangeait un peu tout le monde, donc, je suis vite partie. J’ai renoué un peu plus tard des relations avec mes parents et ma famille, etc.…quand je me suis mariée et que j’ai fait un enfant très vite. J’étais toujours très, très mal à l’aise au milieu de cette famille parce que tout le monde avait l’air d’aller bien, tout le monde avait l’air très épanoui, c’était une famille de fêtards, il y avait tout le temps de la musique, tout le monde rigolait sauf…moi.

Je n’étais pas drôle, je faisais toujours la gueule, je n’avais jamais envie de rigoler, ça n’allait pas. Petit à petit, les choses évoluant, je me suis dit, qu’après tout, puisque je ne me sentais pas bien dans cette famille, il n’y avait pas de raison que je continue de les voir. Donc, j’ai arrêté de les voir. Ça s’est fait petit à petit, comme ça, sans donner d’explication…et puis, quand j’ai arrêté de les voir, ma grand-mère surtout, a commencé à dire que je mentais, que je volais, que de toutes façons, j’avais couché avec tous les garçons de la famille, tous les garçons du voisinage, que ce n’était pas grave si je ne venais plus parce que de toute façon, j’étais la honte de la famille et j’ai conservé, malgré tout, des relations avec mes parents parce que, je ne pouvais pas concevoir de vivre sans les voir, sans avoir une relation de père et de mère avec eux et l’année dernière, quand je me suis pris tout ça en pleine figure, je ne sais pas pourquoi, ça m’est revenu un peu comme un boomerang cette histoire d’inceste, je me suis aperçue, petit à petit, que mes liens avec mes parents étaient très nocifs pour moi parce qu’ils continuaient de nier ce que j’avais subit, ils continuaient de nier mes souffrances, ils avaient l’impression que j’étais une adulte équilibrée parce que je travaille et que j’ai des enfants et que j’ai un mari, j’ai décidé, là, de couper les ponts avec mes parents du jour au lendemain.

Pour me retrouver moi et ne plus subir ces petites phrases ou ces comportements qui font vraiment du mal et qui empêchent de se reconstruire et d’avancer. Pour l’instant, je ne les vois plus ni l’un, ni l’autre et je me sens mieux, mieux parce que je me sens plus légère, je ne ressens plus cette culpabilité de ne pas m’occuper d’eux, de ne pas aller les voir, de…je me sens plus légère, je n’ai plus de compte à leur rendre, je n’ai plus d’explication à leur donner et ça me permet à moi d’avancer et de me reconstruire plus sereinement.

Le rôle et la place de l’agresseur ? C’était mon oncle maternel, il ne vivait pas sous le même toit que moi, si ce n’est que…il nous gardait quand même les mercredis, on le voyait tous les week-end et les vacances scolaires, donc, sa place était quand même importante. Et puis, c’était surtout le héros de la famille parce qu’il était beau, intelligent, très rigolo, très fêtard, tout le monde l’aimait.

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