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Le Monde à Travers un Regard : un agitateur de mentalités  par l’information, la prévention, l’action.

 

Par votre don vous soutenez nos actions, par exemple

La réédition de nos  livrets  « Signaux d’alerte et phrases assassines les violences sexuelles sur les mineurs  ( Sandrine Apers, Préface Dre Muriel Salmona ) 

 Nous les distribuons gratuitement ,contre frais d’envoi, aux particuliers, associations, professionnels , institutions qui nous en font la demande  

..….de nos flyers, dépliants affiches,

CorinneAude et Sonia à l'ordre des médecins[

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Merci pour votre don et de votre soutien.

Informations : contact

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EN TRAVAUX  


Le T’Chat du Mardi est momentanément suspendu. Reprise le 9 janvier 2018

Retrouvons nous sur le forum ! 

 

Nous sommes une association de victimes ,et de proches de victimes, d’inceste et/ou de pédocriminalité


GROUPES DE PAROLE

contact-mtr@googlegroups.com

Toulouse, Paris, La Flèche,

A venir Châteaulin (Finistère ) Inscrivez vous ! 


Le rapport du CNRS sur les violences sexuelles à caractère incestueux

a été remis le 27 avril 2017 à Laurence Rossignol.
La ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes avait saisi le CNRS à cet effet dans le cadre du premier plan de lutte et de mobilisation contre les violences faites aux enfants (2017-2019). » 

http://fr.calameo.com/read/004975538cff5ee7eb47a



VICTIMES D’UN MÊME AGRESSEUR ?

Vous avez été abusé sexuellement, enfant ou adulte,
Vous voulez savoir si d’autres ont souffert du même agresseur

Un outil unique et inédit.

Si ça « MATCH »… Vous n’êtes plus seul.



Délai de prescription pour les crimes sexuels commis sur les mineur(e)s: 

MISSION DE CONSENSUS SUR LE DÉLAI DE PRESCRIPTION APPLICABLE AUX CRIMES SEXUELS COMMIS SUR LES MINEUR-E-S PRÉSIDÉE PAR FLAVIE FLAMENT ET JACQUES CALMETTES


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La protection de l’enfance est enfin un sujet reconnu comme préoccupant et nécessitant la mise en place de mesures adaptées.

L’université Paris Descartes collabore avec un collectif d’associations, proches des enfants et des adultes anciennement victimes dans leur enfance.

Pour plus d’informations  sur leur travail, vous pouvez consulter la Revue Francophone de Victimologie à l’adresse suivante :

http://www.thyma.fr/reflexions-du-groupe-de-travail-universite-collectif-dassociations-de-protection-de-lenfant/

Leur MOOC ( séquence de cours par vidéo en ligne ) est consultable en cliquant sur le lien suivant :

http://www.upns.fr/mooc-agir-contre-les-maltraitances-vis-a-vis-des-enfants/mooc-agir-contre-les-maltraitances-vis-a-vis-des-enfants.php



Laurence Rossignol, Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes est à l’origine du plan de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux enfants.

A lire en cliquant ici



Une chanson toujours d’actualité: Droits et Devoirs, véritable signature de l’association Glenn Hoel,  l’un de nos partenaires. 

Il y a quelques mois, le site internet de cette association avait été hacké, c’est-à-dire saccagé par des pirates du web, autrement dit des personnes mal intentionnées.

Lentement mais sûrement, ils refont surface et ne lâchent pas leur combat, plus motivés que jamais.

Visitez leur site  et leur page Facebook !



La Dre Muriel Salmona, Présidente de l’Association Mémoire Traumatique et victimologie  dont nous sommes  partenaires, a écrit un manifeste contre les violences faites aux enfants. Une pétition y est associée; Le Monde à Travers un Regard soutient cette action et est signataire de la pétition.

Vous pouvez lire le manifeste à l’adresse suivante :

http://manifestestopvfe.blogspot.fr/


 


Vous êtes concernés par l’inceste et /ou la pédophilie criminellepédocriminalité) ?

Que vous soyez victimes, amis de victimes, proches de victimes, parents inquiets ou intéressé(e)s par la prévention

Vous n’êtes plus seuls

Le Monde à Travers un Regard

mtr-logo-impression

vous accompagne.

Pour vous exprimer, plusieurs moyens sont à votre disposition : le forum où de nombreuses victimes échangent, ( cliquer ici ), les groupes de paroles dans plusieurs villes de Francecliquer ici )

 Le Monde à Travers un Regard participe à la prévention, à la sensibilisation du grand public par différents moyens que vous pourrez découvrir en naviguant sur notre site.


Nous sommes une association de victimes et de proches de victimes d’inceste et/ou de pédocriminalité

Que vous veniez vers nous anonymement ou  non, une réponse vous sera apportée.

Une victime peut vivre dans le déni de la violence vécue. Parler , se comprendre soi, échanger avec d’autres c’est  faire un premier pas pour aller mieux.  

 

  • Vous vous sentez seul(e)… vous êtes seul(e)
  • La famille, les amis… c’est compliqué
  • Vous n’arrivez pas à mettre des mots sur ce qui vous est arrivé
  • Vous êtes atteint(e) de crises d’angoisse, de troubles alimentaires,de manque d’estime de soi, d’insomnies, de cauchemars, de dépendance à quelque chose, de dépression, de colère, de découragement  etc…
  • vous vous sentez coupable, responsable
  • vous avez honte

Oui?…

…mais  vous n’êtes JAMAIS coupable JAMAIS responsable

… vous avez vraiment le droit d’être  respecté(e),  estimé(e), apprécié (e), aimé (e) 

Nous serons à vos côtés pour vous épauler.

Le premier contact se fait ICI

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Adhérer

Qui peut adhérer? Tout le monde !

Nous sommes toutes et tous concerné(e)s par l’inceste  ou la pédocriminalité.

En effet sans le savoir chacun de nous côtoie dans son entourage  au moins une victime .

Illustration sur l'inceste. - AIRIO/LEHTIKUVA OY/SIPALes viols ou tentatives de viol sur mineur(e)s sont évalués à 154 000 par an en France. En 2016  8184 victimes ont été recensées officiellement.

 La différence vient du silence, de la prescription, du déni de notre société.  Les auteurs sont majoritairement des proches.

Ces agressions sont lourdes de conséquences. Concernant le seul aspect de la santé le rapport d’enquête  de  2015 « Impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte » de l‘Association Mémoire Traumatique et Victimologie  montre que 96% des victimes agressées dans l’enfance ont des effets majeurs sur leur santé mentale: anxiété, idées suicidaires, dépression,addictions, phobies… La liste est longue. Pour les conséquences physiques,  69% des victimes connaissent   douleurs chroniques, troubles alimentaires…etc  .

Les conséquences sont  d’autant plus graves quand l’agression était incestueuse.

Appartient t-il  seulement aux victimes de se battre contre ce problème de société  et de santé publique? Elles ont besoin de tous  , proches,  professionnels , citoyens exigeants , de vous !

Les pouvoirs publics n’ont pas encore pris la pleine mesure de ce fléau.Nous nous employons à les y aider !  Par votre adhésion vous permettrez à notre association de victimes et de proches de victimes de renforcer l’ensemble de ses actions.

L’adhésion se fait par PAYPAL ou par chèque ou alors par virement.

MONTANTS:

  • 30 euros
  • 15 euros demi tarif avec justificatif RSA, AAH ETUDES , autre à préciser
  •  50 euros et plus pour les membres bienfaiteurs

Vous bénéficiez de  66 % de réduction d’impôts, dans la limite de 20 % de votre revenu net imposable.Vous pouvez reporter l’excédent au delà du plafond pendant  5 ans.

  1. Paiement par PAYPAL:

C’est assez simple il suffit d’avoir ou d’ouvrir un compte PAYPAL sécurisé ou de payer par carte bancaire via PAYPAL sécurisé. Laisser vous guider par le lien ci-dessous:

Adhérer à l’association


  2. Paiement  par chèque ou virement.  : contact

Notre trésorière  vous indiquera la démarche très simple pour vous accueillir . Adhérer n’induit pas de s’impliquer bénévolement dans l’association, mais si vous avez le souhait de participer à nos actions ce sera l’occasion d’en parler !

Merci pour votre soutien !

sources: https://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/campagne2015/2015-Rapport-enquete-AMTV.pdf

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Non, c’est non: Comprendre le consentement à une activité sexuelle

La présente brochure fournit des renseignements sur l’âge du consentement à une activité sexuelle et donne un aperçu des lois canadiennes traitant de l’agression sexuelle et d’autres infractions où l’exploitation sexuelle est en cause. 

non-cest-non

 RESSOURCES

Le Service public d’éducation et d’information juridiques du Nouveau Brunswick offre de nombreuses publications gratuites sur divers sujets :

Pour obtenir des exemplaires : www.legal-info-legale.nb.ca ou pleisnb@web.ca

La présente brochure fournit des renseignements sur l’âge du consentement à une activité sexuelle et donne un aperçu des lois canadiennes traitant de l’agression sexuelle et d’autres infractions où l’exploitation sexuelle est en cause.  La présente brochure ne constitue pas un exposé complet du droit dans ce domaine. Si vous vous posez des questions précises d’ordre juridique, adressez-vous à un avocat.

Le Service public d’éducation et d’information juridiques du Nouveau-Brunswick (SPEIJ-NB) est un organisme à but non lucratif, mis sur pied en vue de fournir au public de l’information en matière juridique.

Nous désirons souligner la collaboration du Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Fredericton, des Services aux victimes, du ministère de la Sécurité publique, de la Division des poursuites publiques, du Bureau du procureur général du Nouveau-Brunswick et des professionnels de la santé et des services sociaux qui ont révisé ce livret et formulé des commentaires à son sujet.
Publié par: 
Service public d’éducation et d’information
juridiques du Nouveau-Brunswick
C. P. 6000
Fredericton (N.-B.)
E3B 5H1 CANADA
Tél: (506) 453-5369
Télécopieur: (506) 462-5193
www.legal-info-legale.nb.ca
Courriel : pleisnb@web.ca

Révision : mars 2013

ISBN 978-1-55396-945-7

J’ai longtemps pensé que je m’en sortais bien

J’aimerais simplement apporter un témoignage en rapport avec la pétition concernant les paroles du D. Rufo.
85% des ados vont bien suite à un abus, oui peut-être, mais aucun sans doute en apparence.
Et puis, la vie ne s’arrêtant pas à l’adolescence, combien sur ces 85% voient des troubles graves apparaître plus tard au cours de leur vie?
J’ai moi-même été victime d’abus, j’ai longtemps pensé que je m’en sortais bien que les deux abus que j’ai vécus n’étaient pas trop graves. Mais voilà l’an dernier j’ai fait une dépression post partum et ces abus ont envahit mon esprit. J’avais l’impression de transmettre de plus ces idées noires à mon bébé ce qui était totalement insupportable. J’ai pu être aidée par une psychologue pour surmonter ma dépression et aujourd’hui je vais « bien ». Pourtant et encore maintenant, je ne peux penser aux lieux de mon enfance sans y associer ce qui ne représente peut-être que quelques minutes de vécu mais des années d’empoisonnement de l’esprit.
Alors je vous remercie pour votre combat.

J’ai grandi dans une famille particulière

J’ai adopté 6 enfants qui ont maintenant 21, 19, 18, 12, 10 et 4 ans. Ils sont arrivés à la maison entre 3 et 12 ans. Le premier seul, puis 2 en fratrie, puis une fratrie de 3. Les trois premiers en adoption internationale, la fratrie de trois sont des pupilles de l’Etat. Ils ont tous eu un passé douloureux du fait de deuils et de ruptures familiales, mais aussi de maltraitances physiques et psychologiques.

J’ai grandi dans une famille particulière. Du côté de ma mère, son père et ses deux frères sont alcooliques et violent. Ma mère a été interné en hôpital psychiatrique plusieurs fois et a fait 8 tentatives de suicide entre ma naissance et mes 18 ans. Elle a aussi disparu à plusieurs reprise , la plus longue période a duré 8 mois, j’avais 5 ans. Elle alternait des périodes de violence physique et verbale avec des périodes dépressives où elle restait dans son lit avec une bouteille de vodka. Mon père n’a jamais rien vu. Un des frères de ma mère a abusé sexuellement de moi alors que j’avais entre 3 et 5 ans. Vers 5 ans, mon demi-frère, qui a 8 ans de plus que moi à commencer à son tour. Il a commencé à me faire fumer et boire du rhum vers 8 ans. Nous déménagions très souvent, si bien que du CP à la troisième j’ai fréquenté 9 établissements scolaires différents, ce qui explique partiellement que je n’ai jamais parlé à personne ni qu’aucun enseignant n’ait signalé quoique ce soit. Cela a duré jusqu’à mes 15 ans. A cette époque, j’ai vécu un été entier avec lui. Il vivait du trafic de drogue. Non seulement il me violait quotidiennement, mais il m’a aussi « partagé » avec d’autres hommes. Il avait le projet de me prostituer. A un moment, j’ai cru être enceinte de lui car j’ai eu un retard de règles. Cela a duré plusieurs semaines, qui ont sans aucun doute été les pires semaines de ma vie. Je ne savais pas quoi faire. Je n’avais pas conscience que ce que je vivais relevait de la justice. Pour moi, c’était une histoire familiale, privée. Les seules alternatives que je parvenais a imaginé c’était soit le suicide, soit un médecin pour un avortement. Mais, je ne pouvais pas me résoudre à aller voir un médecin car je me disais qu’il me demanderait qui était le père, et je n’avais pas envie de répondre à cette question. Je suis allée plusieurs fois sur un pont avec l’idée de me jeter dans le fleuve, mais je me disais que je savais nager et qu’au dernier moment, je ne me laisserai pas mourir. Donc, j’ai attendu dans l’angoisse, un miracle. Et finalement, après 6 semaines d’attente, il y a eu un miracle, j’ai été réglé. Le soulagement a été immense. Mais, je me suis dit que je ne voulais plus jamais connaitre cette angoisse. Et je me suis enfuie de chez mon frère. Je suis retournée, en train, chez ma mère (mes parents étaient séparés). Elle ne m’a rien demandé. Cela faisait plus de trois mois que mon frère était venu me chercher, je suis arrivée en déclarant qu’il était l’incarnation du Mal. Mais, elle ne m’a pas répondu, et ne m’a posé aucune question. Je crois qu’une partie de moi aurait aimé qu’elle m’interroge.

C’était quelque jours avant la rentrée scolaire. Je ne supportais plus non plus ma mère. J’ai donc demandé à être interne, alors que le lycée était à 2km de la maison. A partir de cette époque j’ai tout fait pour être le moins souvent possible à la maison. Je passais la plus grande partie du week end chez des agriculteurs que j’ai fini par considérer comme ma famille .Ils ont été mes témoins de mariage, je suis le témoin de mariage de leur fille, et mon mari le parrain d’une de leur petite fille etc… J’ai été hospitalisé quelques semaines après la rentrée pour des violents maux de ventre. Une échographie a conclu à un kyste à l’ovaire. Mais, le chirurgien n’a rien trouvé lors de la laparotomie. Ce ne sera que 7 ans plus tard que d’autres examens révèleront que ce qui avait été trouvé à l’échographie était en fait un méningocoele sacré. J’ai eu du mal à me remettre de l’intervention. Je suis restée dans une sorte de coma pendant 3 jours après l’anesthésie, sans aucune envie de me réveiller. J’entendais ce qui se passait mais je ne bougeais pas. Je savais que les médecins étaient inquiets et ne savaient pas quand j’allais me réveiller. Mais, je me sentais bien ainsi et je ne voulais pas faire l’effort de remonter à la surface. C’est une infirmière qui m’a parlé, en me disant qu’elle avait elle aussi était opérée et qu’elle comprenait que c’était difficile mais qu’il fallait que je me réveille, c’est elle qui m’a décidé à me réveiller .Mais il s’est encore passé 24 heures entre ce qu’elle m’a dit et mon retour à la conscience. Je me suis ensuite consacré à mes études, parce qu’il n’y a rien qui occupe aussi bien les neurones qu’un problème de mathématique. J’y ai réussi. J’ai fait une classe préparatoire, puis une grande école où j’ai rencontré mon mari.

Au début de mes études, des coliques néphrétiques ont été l’occasion d’examen complémentaire, et j’ai ainsi appris la présence du méningocoele qui m’interdisait toute grossesse.

C’est naturellement que mon mari et moi avons décidé que nous adopterions. Avec la logique: s’il y a des enfants sans parents et des parents sans enfants, il est normal qu’ils se retrouvent. C’est d’ailleurs pour cela que nous nous sommes mariés avant même la fin de mes études (il fallait à l’époque 5 ans de mariage pour adopter). Et dès la fin de mes études, nous avons démarré les démarches auprès du conseil général. J’avais très envie d’avoir un enfant. Mais, je n’arrivais pas à m’imaginer mère d’un bébé. J’avais très peur de mal faire sans le vouloir, de le faire souffrir, de ne pas savoir ce dont il avait besoin .Aussi, je me disais que ce serait plus facile s’il savait déjà marcher et parler. Ainsi, pourrait-il mieux se défendre , serait-il moins vulnérable. J’avais même franchement peur des bébés. Pendant des années je me suis arrangée pour ne jamais en tenir un dans les bras. Le premier que j’ai pu prendre dans mes bras , j’avais 42 ans! De toute façon , j’avais d’énormes doutes sur mes capacités à être mère, et j’ai donc très bien vécu la procédure pour obtenir un agrément. Pour moi, cela me rassurait: des professionnels jugeaient objectivement que je pouvais être mère. Néanmoins, lorsque l’avion a décollé pour le Vietnam où nous allions chercher notre premier enfant, j’ai demandé à mon mari s’il ne croyait pas que nous faisions la plus grosse bêtise de notre vie. Heureusement, j’ai un mari solide, sûr de lui, et qui a eu une enfance heureuse dans une famille simple. Il a dès ce moment été mon référent, celui qui pouvait me ramener au « normal », celui sur lequel je pouvais me reposer quand je doutais trop. Il m’a toujours servi de référence dans mon rôle de parent. Celui a qui je peux demander: « est ce normal de… »

Dès que j’ai vu mon fils (il avait trois ans), il est devenu mon fils. Ce fut immédiat. Mon affection pour lui (et pour les 5 autres) a été beaucoup plus facile à gérer que mon affection pour mon mari. Sans doute parce que rien ne m’interdisait de les aimer pleinement.

Ensuite, nous avons adopté 2 autres enfants, un peu plus âgés, ayant souffert de maltraitance physique, sur Madagascar.

Puis, cinq ans plus tard, j’ai du être opéré du méningocoele qui s’était mis brutalement à grossir. C’était une époque difficile psychologiquement pour moi, cela faisait 2 ans que j’avais commencé une thérapie, et je vivais à l’époque dans la peur panique que mon frère vienne me tuer puisque j’avais parlé. L’opération était risquée (20% de décès). Mais, tout c’est bien passé, et je me suis doucement remise. Une fois que j’avais récupéré, il était évident que plus rien ne s’opposait à une grossesse. J’avais 37 ans. Il y avait donc une petite fenêtre de tir. J’étais partagée. Une partie de moi avait envie d’être enceinte, surtout pour mon mari, mais une autre partie était complètement paniquée. C’est à cette époque que j’ai tout à fait pris conscience de la peur que m’inspirait les bébés. J’ai fait des tas de cauchemars. Je ne me sentais pas capable de m’occuper d’un enfant qui dépendrait totalement de moi. Je me sentais potentiellement dangereuse . ET puis, l’idée d’être enceinte me renvoyait à cet été avec mon frère, je ne pouvais pas être enceinte d’autre chose que d’un monstre. Je ne suis pas tombée enceinte. Mon gynécologue a envisagé un traitement , mais les démarches pour la PMA m’ont paru extrêmement intrusive, je ne les ai pas supporté, je ne me suis rendue qu’à un seul rendez vous. A 39 ans, suite encore à des douleurs importantes, une coelioscopie a mis en évidence une endométriose de stade IV. Traitement obligatoire. Plus de grossesse possible. Et un peu de culpabilité de ma part parce que , somme toute, ça m’allait bien comme ça. Finalement, l’adoption, cela me permettait aussi de dissocier la relation sexuelle du fait d’être mère.

Nous sommes repartis sur un autre projet d’adoption, en souhaitant donner une chance à des enfants qui habituellement n’en ont pas. Ainsi, avons nous accueilli il y a quelques mois une fratrie de trois pupilles de l’Etat qui ont perdus à deux ans d’intervalles leur deux parents, puis qui ont du être retiré en urgence de la personne de leur famille qui les avait recueillis et qui les maltraitait gravement, à tel point que les services sociaux ont craint pour la vie de la petite fille. Ils ont connu les galères habituelles de bon nombre de fratrie de pupille de l’état (séparation de la fratrie, foyer, familles d’accueil successives etc..).

L’adoption a aussi été pour moi une façon de me rassurer parce que je me disais que ces enfants était gagnant même si je n’étais pas une très bonne mère, j’étais toujours mieux que la rue (pour les 3 premiers).

Pour la dernière fratrie, j’avais aussi peur , parce que comme l’âge limite que nous avions mis pour l’ainé était 10 ans (et en réalité, il en aura 11,5 au jour de l’apparentement), j’avais peur de me retrouver dans une configuration avec un ainé et un petit , bref quelque chose comme ce que j’ai connu enfant. Mais, je suis arrivée en travaillant dessus avec une psychologue à ne plus le craindre. Heureusement, parce que la fratrie que nous avons accueilli est composé de 2 garçons actuellement de 12 et 10 ans, et d’une petite fille de 4 ans. Finalement, c’est aussi très positif pour moi. En les regardant vivre, je m’aperçois que même avec une histoire difficile, un petit garçon peut rester un frère protecteur et attentionné pour sa petite sœur. Et comme si le sort s’amusait avec moi, il s’agit d’une demi-sœur (elle est née 1 an après la mort du père des garçons). C’était aussi mon cas, et mon frère (demi-frère…) jouait beaucoup sur ce point. Or, je vois bien qu’entre les enfants, dont plusieurs n’ont donc aucun lien de sang, cela ne change rien. Ils se considèrent pleinement comme frères et sœurs.

Je suis assez fataliste, et je ne crois pas qu’on puisse protéger les enfants de tout, il n’y a pas de vie sans risque. Sans doute, parce que chez moi le danger venait de la maison, je ne suis pas particulièrement inquiète lorsqu’ils sortent. Mais, j’essaie de leur expliquer qu’ils doivent se faire confiance, et qu’ils doivent refuser tout ce qui les mets mal à l’aise, et ne pas hésiter à en parler à un adulte. J’essaie d’éviter qu’ils s’imaginent ne pas avoir de valeur par rapport aux adultes. Bien sûr, en même temps, j’essaie d’avoir le comportement le plus cohérent possible, et de leur offrir un cadre fixe et sécurisant. Je suis persuadée que cela participe aussi à leur sentiment de sécurité. J’essaie d’être attentive à tout ce qu’ils ne disent pas avec des mots, et à leur laisser une liberté suffisante pour qu’ils fassent leur expérience et qu’ils grandissent tout en les protégeant sans être trop pesante. Je crois que tout est une affaire de juste milieu. J’ai beaucoup travaillé pour que mon histoire ne leur soit pas un poids. Ce fut d’ailleurs ma première motivation pour commencer une thérapie. Non pas pour moi, mais pour que mes enfants n’aient pas à souffrir de mon histoire.

Etre parent est pour moi ce qui est le plus important dans ma vie. Mes enfants sont ma priorité absolue. Pour des tas de raisons, celles que je connais, celles que je devine, celle dont je ne me rends pas compte. Mais, c’est certains que c’est en lien étroit avec mon histoire. D’abord parce que je ne supporte pas les injustices dont peuvent être victime des enfants. Cela me rend malade, presque physiquement. Entendre parler d’un enfant maltraité et j’ai l’ impression qu’on m’arrache les tripes. Ensuite, parce que je me dis que c’est une façon de donner un sens à mon histoire. Ce que j’ai vécu m’aide à comprendre ces enfants que la vie a malmenée. Je crois que si mon mari et moi nous réussissons bien dans nos adoptions, même si nous avons adopté des enfants traumatisés, c’est parce que nous nous complétons. J’ai la compréhension intime de ce qu’ils peuvent ressentir, et des réactions parfois paradoxales qu’ils peuvent avoir, mon mari à la stabilité, la force, d’un adulte qui a eu une enfance heureuse. Il nous évite à tous de sombrer dans la tristesse, la colère etc… Il témoigne de ce que peut être la vie, et de ce qu’elle devrait être. Il nous maintien dans la simplicité. De plus, il nous offre sa famille. Mes enfants ont ainsi la chance d’avoir des grands-parents qui les gâtent, des tantes et des cousins affectueux.

BD : Rien vu rien entendu

RIEN VU, RIEN ENTENDU

Cette Bande Dessinée est une approche satirique sur l’inceste et la pédocriminalité.

Graphistes, scénaristes, coloristes, ce n’est pas moins de 30 intervenants qui sous la coordination de Sandrine APERS se sont attelés à un travail dont on peut qualifier le résultat de REMARQUABLE !

 

 

 

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RIEN VU, RIEN ENTENDU