j’ai toujours eu la phobie des enfants

A titre personnel j’ai toujours eu la phobie des enfants. J’ai toujours été très mal à l’aise.
Ça a commencé avec ma petite soeur. Je n’osais pas l’approcher, ni la toucher.
A l’époque je ne comprenais pas pourquoi. Je pensais que c’était dû à sa fragilité, sa petitesse. Je me méfiais de son comportement. Je pensais que le mien vis à vis d’elle était normal.
A mon adolescence, ce fut encore pire. J’évitais littéralement tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à un enfant. Par exemple, croiser un enfant dans la rue me donnait un sentiment de peur. J’avais un peu l’impression qu’ils allaient faire comme les chats. Pour ceux et celles qui ne savent pas les chats vont souvent en premier vers ceux qui ne les aiment pas.
Quant au fait d’avoir un enfant, la réponse était évidente : non.
Mes amis trouvaient la chose rigolote. Moi, je la trouvais pénible. Je savais qu’il y avait cette « histoire » de sexe avec quelqu’un de ma famille. Je savais que c’était très mal. Et même si à l’époque je n’attribuais pas le mot INCESTE à cette histoire. J’avais la certitude que la cause venait de là.
Mon analyse est claire. Il fallait à tout prix que je préserve tous les enfants de l’humain masculin que je représente. La peur d’être l’agresseur à son tour et faire vivre les mêmes choses que j’ai vécu.
Un peu comme si j’avais été infecté de manière profonde et à vie de ce mal. Peur d’être un docteur jekyll et mister hyde.
Puis il y a deux an. Un de mes meilleurs amis me proposa d’être Parrain… Aïe !!! Grosse crispation !!!! Alerte !
Obligé d’être naturel. De sourire, de prendre le petit dans les bras. Mon amie qui connaît mon affection pour les enfants était tordue de rire. Pas moi. J’étais mort de trouille, hyper mal à l’aise…
Je suis sorti du déni d’inceste depuis 2 mois. Beaucoup de choses ont changé. Ma relation avec les enfants aussi, et j’en suis tellement heureux.
Je ne vais pas jusqu’à dire que j’en veux un mais je les apprécie, simplement, naturellement. Qu’il existe des enfants qui sont élevés dans l’amour du père et de la mère. Et qu’ils ne connaîtront pas les horreurs de l’inceste. Cela faisait 28 ans que j’avais peur d’eux. C’est que du bonheur. Et je suis très heureux de pouvoir enfin être un parrain sympa pour mon filleul.

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